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Actualité : Dans un ancien bassin minier du Gard, des plantes dévoreuses de métaux toxiques

REPORTAGE Par Pierre Le Hir - Saint-Laurent-le-Minier (Gard), envoyé spécial

Alignées au cordeau comme des rangées de laitues, les jeunes pousses feraient croire à un jardin potager. Au printemps, quand elles se seront épanouies au soleil du Midi, elles se couvriront de fleurs blanches, jaunes et mauves... Ces plantes n’ont pourtant rien de comestible ni de décoratif. Elles poussent sur une argile stérile gorgée de métaux toxiques : un ancien bassin de décantation du minerai exploité, depuis l’époque gallo-romaine jusqu’en 1992, sur la commune gardoise de Saint-Laurent-le-Minier. Les taux de zinc, de plomb et de cadmium y sont de 500 à 850 fois supérieurs aux normes européennes.

Aucune végétation ne résiste à un tel concentré de poisons, excepté trois espèces locales qui ont adopté une extraordinaire stratégie de survie : elles aspirent par leurs racines les métaux toxiques, qu’elles stockent, pour les neutraliser, dans des cavités (les vacuoles) de leurs feuilles.

Ce ne sont pas non plus des maraîchers qui les cultivent, mais des chercheurs du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE) du CNRS de Montpellier. Ils expérimentent ici une méthode écologique de décontamination des sols par phytoextraction.

CATALYSEURS À MULTIPLES APPLICATIONS INDUSTRIELLES

"Les exploitations minières intensives et les activités industrielles métallurgiques sont à l’origine d’une forte pollution des sols, par des métaux lourds qui sont parmi les plus nocifs et ne sont pas biodégradables", explique la chimiste Claude Grison, professeur à l’université Montpellier-II, qui dirige le programme. Sur l’ancien gisement minier, d’où le vent et les pluies dispersent les poussières toxiques dans l’environnement, les cultures sont interdites. Deux enfants du voisinage sont atteints de saturnisme. Plus généralement, les polluants métalliques ont des effets délétères sur le système nerveux, les reins, les poumons et les tissus osseux.

D’où les espoirs suscités par les trois variétés de plantes "hyperaccumulatrices" de métaux lourds, dites aussi "métallophytes" : Noccaea caerulescens, Anthyllis vulneraria et Iberis intermedia. Celles-ci sont capables de piéger dans leurs feuilles des quantités phénoménales d’éléments métalliques, atteignant 7 % à 8 % de leur masse sèche. "Une folie végétale et chimique", commente la chercheuse...

Voir en ligne : Le Monde.fr

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