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8e Rencontres Juridiques Montpellier-Sherbrooke : "Résister, droit et subversion" - Montpellier, 28 & 29 juin 2013

" Résister " : droit et subversion

Chargé d’une épaisseur historique particulière, le verbe résister comporte cette double dimension de refus et d’action organisée (Liora Israël, « Résister par le droit ? Avocats et magistrats dans la Résistance 1940-1944, L’Année sociologique, 2009/1, vol. 59 p.149 à 175).

La formule « résister c’est agir », tout comme le caractère immédiatement compréhensible par nous tous du verbe, sont un peu réducteurs pour rendre compte de la diversité de ses acceptions, des situations qu’il recouvre, de la variété de modalités qu’il charrie, et de la multiplicité des engagements qu’il suppose (Anita Gonzalez-Raymond, Résister, Presses Universitaires de la Méditerranée, 2011).

L’exercice de la définition est périlleux, il appartient à d’autres -philosophes, historiens, poètes- qui s’y sont largement livré.

Nous retiendrons du verbe qu’il est d’abord dire non au nom de l’identité, d’un idéal, d’un principe... Il renvoie alors à la mémoire d’une situation antérieure, d’une forme de vie que l’on refuse de perdre, à une conception du juste qui transcende le droit, ou à un état de fait qu’on ne saurait accepter. Dans cette perspective, résister contient une tension entre réaction et innovation, entre immobilisme et mouvement.

Pour résister, ensuite, il faut d’abord désobéir. Mais pour désobéir il faut rompre et dès lors inscrire l’action dans la durée. Sans méconnaître les actes de résister individuels, toutefois résister c’est être associé à un milieu, à des solidarités, à des énergies conjointes.

Résister, enfin, c’est poser des actes. La forme verbale recèle une profonde vérité : celle de l’agir.

Trois figures de résistance relatives au droit ont été tracées : l’une contre le droit et contournant son caractère obligatoire, l’autre utilisant le droit dans les capacités d’action qu’il procure, la dernière, enfin, justifiant dans le langage du droit l’acte de résister et contribuant à redéfinir ce qu’est le droit. (Sally Engel Merry, « Resistance and the cultural power of law », Presidential Address, Law and society Review, 1995, n°29, 11-27).

La première posture réalise une confrontation directe avec le droit qui brise le dialogue et appelle le plus souvent une résolution dans l’arène politique. La deuxième suppose une instrumentalisation du droit pour parvenir à ses fins. La dernière posture, fondamentale, remet en cause les assises sur lesquelles se construit le droit et l’architecture même de la juridicité. C’est selon ce triptyque que les juristes interrogeront, dans une perspective théorique ou appliquée le verbe résister et son articulation au droit :
1) Résister contre le droit (par contournement de son caractère obligatoire)
2) Résister par le droit (par l’usage des capacités d’action qu’il procure)
3) Résister au nom du droit (par justification des actes dans le langage du droit)

Programme prévisionnel  :
(susceptible de modifications)

PDF - 330 ko
Programme

Du jeudi 27 juin 14h00 au vendredi 28 juin 18h00
Faculté de Droit et Science politique de Montpellier
Jeudi 27 juin  : bat. 2, Amphithéâtre 201 Pedro de Luna
vendredi 28 juin  : bat. 2, Amphithéâtre 007 Jean Moulin

Les doctorants doivent s’inscrire auprès de philippe.hugot@univ-montp1.fr
(date limite : 24 juin)

Contact :
Vincente Fortier : vincente.fortier@univ-montp1.fr
Philippe Hugot : philippe.hugot@univ-montp1.fr

Actualité : Synergie n°37, magazine d’information de l’Université Montpellier 1, juillet 2013, p 14 Synergie n°37, juillet 2013, p 14